
Canon à air chaud électrique : puissance, prise 230 V et triphasé
Un canon à air chaud électrique n'a ni flamme ni CO, mais la prise le limite : 3,7 kW en 230 V, triphasé au-delà. Puissance, usages, risques et FAQ pratique.
- Temps de lecture6 min
- Classé dansComprendre
- Secteur couvertVal-d’Oise, Seine-Saint-Denis
Écrit par Yvon Richard
Un canon à air chaud électrique chauffe avec une résistance et un ventilateur : aucune flamme, aucune combustion, donc aucun monoxyde de carbone produit par l’appareil. Sa vraie limite n’est pas le canon, c’est la prise qui l’alimente : sur une prise 230 V de 16 A, la puissance plafonne à environ 3,7 kW. Au-delà, il faut du triphasé 400 V.
À retenir
Pas de combustion ne veut pas dire pas de risque : les dangers d’un canon électrique sont électriques (rallonge, branchement, eau) et thermiques. Avant de choisir un modèle, regardez d’abord ce que votre alimentation peut fournir.
Comment fonctionne un canon électrique
Le principe tient en deux pièces : une résistance qui chauffe, un ventilateur qui pousse l’air à travers. Tout ce que l’appareil consomme en électricité ressort en chaleur dans le local. Un canon de 3,6 kW qui tourne huit heures de suite consomme donc 28,8 kWh, et c’est cette énergie-là que vous retrouvez en chaleur.
C’est le seul type de canon à air chaud qui n’évacue rien et ne brûle rien. Pour comprendre ce que cela change face au gaz ou au fioul, lisez notre guide sur la combustion directe ou indirecte, et pour le propane et le butane, celui du canon à air chaud gaz.
Monophasé 230 V : la prise fixe le plafond
La puissance se calcule par P = U × I. Sur une prise 230 V protégée à 16 A, cela donne 230 × 16 = 3 680 W, soit environ 3,7 kW au maximum. Un canon de chantier monophasé courant tourne autour de 2 à 3,3 kW, donc juste sous cette limite.
Concrètement : vous ne branchez pas un appareil de 9 kW sur une prise normale. Si le besoin dépasse 3,7 kW, vous changez d’alimentation, pas de rallonge.
Triphasé 400 V : plus de puissance, moins d’ampères par phase
En triphasé, la puissance se répartit sur trois phases. Un canon de 9 kW en 400 V appelle environ 13 A par phase (9 000 / (√3 × 400)). C’est ce qui permet de monter en puissance sans dépasser ce qu’une prise supporte, à condition de disposer d’une alimentation triphasée.
Monophasé 230 V
Prise 16 A : environ 3,7 kW maximum. Canon de chantier courant : 2 à 3,3 kW. Pour tempérer, mettre hors gel, un petit local.
Triphasé 400 V
Au-delà de 3,7 kW. Exemple : 9 kW pour environ 13 A par phase. Demande une alimentation triphasée dans le local.
Quels usages pour quelle puissance
Un canon électrique sert à tempérer un volume, à le tenir hors gel ou à accompagner un séchage, à condition de ventiler. Il convient aux locaux fermés ou occupés, puisqu’il ne rejette aucun gaz de combustion.
Prenons un garage non isolé de 6 × 3 × 2,5 m, soit 45 m³, avec un écart de température de 15 °C. La méthode d’un catalogue de fabricant (Airlat) donne 2 025 kcal/h, soit environ 2,4 kW. Son ratio pour l’air pulsé électrique, 0,05 kW par m³, donne 2,25 kW. Un canon de 2 à 3 kW tempère ce garage ; il ne le transforme pas en pièce de vie par grand froid.
Le même catalogue donne un second exemple : 50 m² sur 2,20 m de hauteur font 110 m³, soit 5,5 kW. On est alors au-dessus de ce qu’une prise 230 V peut fournir. Pour le détail par local, voir le chauffage d’un garage et le séchage de chantier.
Les vrais risques : électriques et thermiques
Sans combustion, le risque de monoxyde de carbone vient de l’appareil en moins, pas de l’environnement en moins. Restent les risques qui comptent :
- Vérifier la prise : un 16 A en 230 V ne dépasse pas 3,7 kW, et le canon ne doit pas demander plus que ce que la prise délivre.
- Vérifier la rallonge : elle doit être adaptée à la puissance de l’appareil. Reportez-vous à la notice du fabricant pour ses exigences, sans improviser.
- Vérifier la puissance : un canon triphasé ne se branche pas sur une prise monophasée, et inversement.
- Tenir l’appareil à l’écart de l’eau et des matières inflammables, et suivre la notice pour les locaux humides.
Attention au groupe électrogène : s’il alimente le canon, c’est lui la source de monoxyde de carbone. L’ARS Normandie rappelle que les moteurs thermiques ne s’utilisent qu’à l’extérieur, loin des prises d’air. Sur un chantier, l’OPPBTP indique, d’après Batiweb (29/04/2026), que le recours à des équipements électriques ou sur batterie est privilégié quand c’est possible.
Sous un chapiteau recevant du public
Le règlement des chapiteaux et structures (CTS 15) n’admet à l’intérieur d’un chapiteau recevant du public, à partir de 50 personnes (type CTS 1), que les appareils sans combustion, dont les générateurs électriques. Ce n’est donc pas un « oui » général : c’est une autorisation conditionnée au type d’établissement et à ce règlement. Voir aussi le chauffage d’un chapiteau.
Quand l’électrique ne suffit plus
Si la puissance nécessaire dépasse ce que votre alimentation fournit, ou si le volume est grand, un canon à gaz ou à fioul indirect prend le relais. Le choix dépend alors de la ventilation du local et de l’évacuation des fumées : c’est le sujet de notre guide sur la combustion directe ou indirecte.
Dans la même rubrique : Canon à air chaud fioul : direct, indirect et autonomie du réservoir.
Questions fréquentes
Peut-on brancher un canon à air chaud électrique sur une prise normale ?
Oui si sa puissance reste sous ce que la prise peut fournir : environ 3,7 kW sur une prise 230 V de 16 A. Un canon plus puissant, comme un 9 kW, demande du triphasé 400 V.
Combien de kW faut-il pour un garage ?
Pour un garage non isolé de 45 m³ avec un écart de 15 °C, la méthode d’un catalogue de fabricant (Airlat) donne environ 2,4 kW, soit un canon de 2 à 3 kW pour tempérer. Cela dépend de l’isolation et du volume.
Un canon électrique est-il sans danger côté monoxyde de carbone ?
L’appareil ne produit pas de monoxyde de carbone puisqu’il ne brûle rien. Il garde des risques électriques et thermiques, et un groupe électrogène qui l’alimenterait est, lui, une source de CO.
Peut-on l’utiliser sous un chapiteau ?
Sous conditions. Selon la CTS 15, dans un chapiteau recevant du public (50 personnes ou plus), seuls les appareils sans combustion, dont les générateurs électriques, sont admis à l’intérieur.
Vous hésitez entre électrique, gaz ou fioul pour votre local ? Décrivez votre projet via le formulaire de cette page : volume, alimentation disponible, usage.
Sources
Catalogue Airlat — méthode de calcul de puissance, ratio de 0,05 kW par m³ pour l’air pulsé électrique
Légifrance, règlement CTS 15 — appareils sans combustion admis dans un chapiteau recevant du public
Batiweb, recommandations de l’OPPBTP (29/04/2026) — équipements électriques ou sur batterie privilégiés sur chantier
ARS Normandie — moteurs thermiques utilisés uniquement à l’extérieur
Rédaction, canonairchaud.com
Yvon Richard écrit les guides de canonairchaud.com sur le chauffage des chantiers, ateliers et entrepôts : choix du canon, calcul de puissance, sécurité et entretien.
À lire aussi
Comprendre
Combustion directe ou indirecte : quel canon à air chaud choisir ?
Combustion directe ou indirecte : les fumées restent-elles dans le local ? CO, humidité, rendement, chapiteau et prix d’achat pour…
Comprendre
Canon à air chaud gaz : propane, bouteille et local ventilé
Canon à air chaud gaz : comment il fonctionne, combien de temps tient une bouteille de 13 kg, et pourquoi…
Comprendre
Canon à air chaud fioul : direct, indirect et autonomie du réservoir
Canon à air chaud fioul : différence direct et indirect, autonomie des réservoirs, puissances, fourchettes d'achat et précautions CO avant…